journal d'un cancer ordinaire

Le 2 - 3 sept 2010

marcodepaname | 05 septembre, 2010 17:47

 
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Le 1er sept.2010

marcodepaname | 01 septembre, 2010 19:42

salut, les journées sont pleines et on ne va pas s'en plaindre. Depuis que nous sommes arrivés le temps est au beau fixe. Tout les jours c'est casse croute au bord de l'eau, mer ou lac c'est selon. Hier nous étions sur l'ile d'ARZ, dans le golfe du Morbihan, où j'ai quand même réussi à assurer huit à dix bornes de ballade. D'habitude, lorsque l'on va là bas c'est le tour de l'ile, soit seize km environ. Mais le bonhomme, hier, ne s'en sentait pas capable. Content de lui malgré tout le garçon. Aujourd'hui c'est relax, nous passons la journée au lac de bel air. Un endroit calme et paisible où tout en reprenant mon souffle  pour les journées à venir nous en profitons pour déssaler la Bounette. Après trois jours de bain de mer, elle en avait bien besoin. 

Il reste encore le problème de mes nuits qui sont loin d'être sereines. Même si la toux n'est plus sale, elle persiste et me réveille au milieu de la nuit. Malgré tout, je dois admettre que c'est loin d'être invivable, surtout que la journée elle se fait discrète et ne se manifeste pas ou peu.

Dans tout les cas, cette escapade Bretonne nous apporte déjà beaucoup de positif à tout les deux et à tout les niveaux. Il aurait été dommage de ne pas tenter cette petite évasion salvatrice qui nous apporte un si grand bien être. Quand nous rentrons, le soir, après une bonne journée, et que je vois l'état de fatigue de la Bounette, il me plait de penser que si pagurus en prenait autant dans la carapace, on aurait vite fait de s'en débarrasser. Mais cinq mois de chimio et quinze jours en Bretagne n'y suffiront pas, et ça nous le savons bien.       " M 'enfin", faut rêver!!!

Le 28 aout 2010

marcodepaname | 28 août, 2010 21:14


Juste un petit message pour vous rassurer, j'ai réussi  à trimbaler mon cancer jusqu'en Bretagne, mais le souci du moment, comme je n'ai pas mon ordinateur, est de m'adapter au matériel du frangin. Ce qui, pour ceux qui le connaisse, n'est pas chose toujours aisée. En plus, je suis un peu plus contrarié car j'ai laissé une journée entière sur mon journal de base à la maison. Autant dire que je me sent un peu perdu. Je me contenterai donc de quelques petits messages pendant ces quelques jours de villégiatures, histoire de vous tenir au courant. ceci dit, le séjour commence avec un beau soleil d' automne sous lequel nous avons flânes le long de la rivière D'Etel. Juste quelques petits détails à régler, de la toux à l'ordinateur et je pense que le séjour devrait normalement bien se passer. De ce côté là, c'est bien parti.

un homme qui ne pleure pas n'est pas un homme J.BREL

marcodepaname | 24 août, 2010 16:35

                       Le 23 aout 2010

 

Depuis que j’ai arrêté les antibios j’ai la désagréable sensation que pagurus cherche à gagner du terrain. Il ne va quand même pas nous gâcher les quelques jours de vacance que nous avons prévus  de passer en Bretagne. J’ai contacté docteur Mir, il faut absolument qu’il me trouve la solution miracle pour sauvegarder ces malheureux quelques jours indispensables au bon équilibre de notre santé morale. Le gros du problème est que la sale toux ne me lâche pas et peut se manifester à n’importe qu’elle moment de la journée ; et que la respiration reste très difficile après chaque effort, même mesuré. Triste bilan, un mois jour pour jour, après la dernière chimio, j’espérais bénéficier d’un peu de répit quand à la forme générale du bonhomme. Elle est sournoise cette saloperie de maladie, elle s’assoupie le temps d’un traitement, et dès que tu laisses tomber, le temps de souffler et récupérer un peu elle récidive. L’on peut dire maintenant que la guerre est totale entre ce crabe qui arrive petit à petit à me ronger la santé et mon moral qui ne veut pas faiblir. Je sais qu’aujourd’hui l’on peut maintenir le cancer en échec pendant des années, que l’on peut même gagner… mais à une seule condition… qu’il n’envahisse pas les neurones.

C’est pas bien gaie tout ça, mais que voulez vous, je continu à gérer le journal comme je gère la maladie, avec ses hauts et ses bas. De toute façon, je m’étais engagé à être honnête avec vous quoi qu’il arrive. Demain sera un autre jour.

 

                       Le 24 aout 2010

 

Sache mon fils que Mr. Jacques BREL disait : « Un homme qui ne pleure pas n’est pas un homme ! » Ton  sms de ce matin m’a bouleversé à me tirer les larmes. Ta sincérité brutal et tendre autant que spontané m’a ému au plus haut point. Qu’elle chance j’ai d’avoir des enfants comme ça, et des amis aussi, qui s’ils ne sont pas là, auront toujours une petite pensée pour toi et te le ferons savoir. C’est là que je puise la force et le courage de me battre mon fils. J’en veux pour exemple la journée d’aujourd’hui, où c’est greffé, après ton sms plein de tendresse, un commentaire plein de promesse d’un Wag Wag en retour de vacance. Je sens que l’armée des ombres va se remobiliser pour affronter la phase trois de l’éradication, que j’espère plus que partielle, de ce crabe qui commence à devenir de plus en plus encombrant. Nous avons les traitements m’a dit Dr. MIR. Il me semble qu’il a oublié de préciser qu’il suffisait de tomber sur le bon traitement au bon moment. Il y a des moments comme ça où j’ai l’impression de jouer à la roulette russe… mais moi je préfère jouer avec un barillet vide ça dure plus longtemps et l’espoir de vie reste intact. Courageux mais pas téméraire, faut pas exagérer.

PS : Mon bon gamin toute l’émotion du monde ne me fait pas pardonner toutes ces fautes d’orthographe… je t’adore !!!

Carole les parigots et Coluche

marcodepaname | 20 août, 2010 17:43

                       Le 17 aout 2010

 

Ca y est, demain je vais enfin pouvoir être un malade l’esprit libre. J’entends par là qu’en cas de crise de sale toux ou grand coup de fatigue les bestiaux et les bonzaïs seront de toute façon en bonnes mains. Je dis ça tout simplement parce qu’hier comme demain je ne suis pas l’abri de me retrouver à l’hosto. Tout ça pour vous dire que Carole rentre demain et que je ressens un réel soulagement de la savoir à mes cotés.

Surprise au lendemain du 15 aout, les Parigots sont loin d’être rentrés en nombre. Un calme relatif règne encore sur le quartier. Un sursit qui n’est pas fait pour me déplaire. D’ici peu si tout va bien c’est nous qui partons. Un petit tour en Bretagne ne fera certainement pas de mal à Carole qui finalement, si j’ai bien compris, n’a pas profitée tant que ça du grand air. Mais d’après ses dire elle à quand même passée un bon moment avec sa bande de marmots.

 

                       Le 20 aout 2010

 

Hé voilà, Carole est de retour et il me faut tout réorganiser. Je ne vais pas m’en plaindre, au contraire, mais une chose est sur, ça bouge autrement à la baraque. Le ménage par exemple, j’ai beau m’évertuer à entretenir ça ne sera jamais comme elle voudrait que se soit… si les coins en veulent, qu’ils approchent comme on dit. Mais sur l’ensemble je pense que ce n’est quand même pas catastrophique. Combien de femme peuvent espérer avoir un aide ménager comme moi à la maison… je recouds même les boutons. J’arrête, j’ai les chevilles qui enflent.

Le temps de tout régler à la maison, de laisser les Parigots rentrer et c’est nous qui plions bagage. Comme d’habitude, TITI et BOUBA sont du voyage bien sur. Une nouveauté cette année, j’emmène les bonsaïs. Par soucis d’économie d’abord, une cinquantaine d’euros pour quinze jours en serre, mais aussi pour les avoir à l’œil, surtout le poivrier, je n’ose pas lui tourner le dos. Des fois qu’il serait contrarié.

Question contrariété je me suffis à moi-même avec mon dentier provisoire qui ne me sert qu’à sourire. Parce que si esthétiquement parlant c’est réussie, le côté pratique est inexistant. Ce qui fait, et c’est un comble, que pour manger tu enlève tes dents. Je trouve ça plutôt frustrant alors que d’un autre côté ça pourrait porter à rire. D’ailleurs, finalement je me marre en écrivant ces lignes. T’imagines : « c’est l’histoire d’un mec… ben pour manger le mec… il enlève ses dents… le mec… COLUCHE n’aurait certainement pas manqué d’en profiter pour parler de la médecine à deux vitesses. Comme de la justice d’ailleurs, celle des riches et celle des pauvres.

lapin aux pruneaux et bordeaux

marcodepaname | 15 août, 2010 17:10

                       Le 14 aout 2010

 

Il y a Paris au mois d’aout, et le 15 aout à Paris. C’est encore autre chose. Là, Paris t’appartiens. Il faut voir la rue Lecourbe ou celle de Vaugirard, en pleine après midi quasiment vide de toute voiture. Et les gents, ceux qui restent, conscient de vivre un moment privilégié. Comme des iliens, seuls sur leurs ile… « De France ».

Qu’elle soirée mes amis, mais qu’elle soirée ! Il fallait bien que je le cuisine mon râble de lapin aux pruneaux. Pour l’histoire, c’est le plat que j’avais prévu le jour où Jimmy m’a fait faux bon. Du coup, la date de péremption aidant il a bien fallu que je lui fasse un sort. Une réussite, je dirais même plus un régal. Et si je dis ça, Carole ne vous diras pas le contraire, quand j’affirme, c’est que c’était vachement bon. Du coup, comme c’était appétissant je me suis fendu d’une bonne bouteille de bordeaux. Je me suis régalé de tout ça en écoutant la grande l’unique et merveilleuse grand mère du rock’ roll… TINA TURNER. C’est France ô qui diffusait un concert ; on ne pense jamais à ces petites chaines qui peuvent, comme ça, un jour, vous magnifier une soirée.  

 

                       Le 15 aout 2010

 

Depuis ce matin il pleut. Un petit coup de morosité en plus pour les vacanciers sur le retour. Déjà que l’été n’a pas été à la hauteur de l’hiver rigoureux que nous avons vécu ; il va falloir affronter l’austérité politique et sociale savamment mis en place pendant la pause estival. Il va y avoir des surprises. Je crains le pire. C’est que je n’ai pas lâché l’information pendant ces deux mois, et je peux vous dire qu’eux non plus, au gouvernement, ils n’ont pas lâchés le morceau. Enfin, si je vous dis ça, c’est juste pour causer un peu….

Le temps est tellement pourri que je ne vais même pas profiter des derniers moments d’accalmies de Paris déserté. Je sais déjà que demain résonneront les premiers coups de klaxon rageur des gents ravis de reprendre le travail. Si j’avais la chance de reprendre le travail demain….

Tout est gris, il pleut, j’ai même enfilé un paletot, (ou veste de laine pour ceux qui ne connaissent pas) tellement il ne fait pas chaud à rester là à vous écrire. C’est incroyable et déprimant à la fois. Mais rassurez vous, j’ai tout ce qu’il faut pour surmonter tout ça. Il me reste du lapin aux pruneaux et du Bordeaux… elle est pas belle la vie !!!

En attendant j’attends une petite accalmie pour sortir la BOUNETTE. Après, comme j’en ai maintenant l’habitude j’organiserai ma petite soirée. Carole rentre mercredi soir, il est temps, je commence à manquer d’imagination et de conversation.

vendredi 13, la vie continue

marcodepaname | 13 août, 2010 16:06

                       Le 12 aout 2010

 

Dur dur, je me demande parfois si je ne ferrai pas mieux, pour l’instant, de me contenter de rester comme poivrier bonsaï, en état végétatif. Si la balade du jardin des plantes fût une réussite, les efforts fournis tout au long de la journée m’ont ratatinés. La sale toux c’est manifestée de nouveau dans la soirée et il m’a fallu toute la journée du lendemain pour récupérer. C’est ce que l’on appelle vivre avec la maladie, mais quand ça me pourri la fin d’une merveilleuse journée, y a pas à dire, j’ai du mal à m’y faire. Du reste une chose est sur, je ne m’y ferai jamais.

Entre deux missions, Julien qui travaille sur PARIS est venu manger avec moi ce midi. J’adore ces petites visites surprises qui rompent la monotonie du moment. Mais je vous assure, comme je n’ai pas à le prendre dans mes bras pour descendre les escaliers du métro, je n’ai fait aucun effort inconsidéré. Amer constat que de vérifier l’impossibilité du moment de ne pouvoir prendre son petit fils dans les bras et s’éclater avec lui. Je me contenterai donc de le regarder s’éclater à la maison ou en balade dans le quartier.

Encore une semaine avant le retour de Carole, que le temps me semble long. En d’autres circonstances je n’ai jamais été contre ses petites séparations qui permettent à un couple de reprendre sa respiration. Mais là, sans boulot et sans trop pouvoir bouger j’ai beaucoup trop de temps pour réfléchir et ça, ce n’est pas toujours bon. Mais une semaine, qu’est ce qu’une semaine quand tant d’autres n’attendent plus rien ni personne…, une semaine, une toute petite semaine.  

 

                       Le 13 aout 2010

 

Vendredi 13, même pas peur ! Ce qu’il faut entendre comme conneries ces jours là. Et pourtant, ce matin j’ai fait un petit loto à deux euro, un flash, comme on dit. Parsque peut- être, on ne sait jamais. Un petit complément qui viendrait regonfler mes maigres indemnités. Ne rigolez pas, hier matin, en allant chercher du pain, ben j’ai trouvé vingt euros par terre juste devant la boulangerie, deux billets de dix, y’avait qu’à se baisser. Mais hier, c’était pas vendredi 13… quand je vous dis que tout ça c’est des conneries. La seule certitude, et ça il y a longtemps que je le sais ; c’est qu’un pays qui multiplie les jeux et les paris est un pays où le petit peuple s’appauvrit. S’avez remarqué comme le petit peuple de France s’agrandit …. C’était la rubrique sociale de Marco de Paname.

J’ai remis le nez dans le roman, il s’avère que le boulot est loin d’être terminé. Disons que le gros œuvre est fini, et qu’il ne reste plus que les finitions. Vaste chantier malgré tout mais posé sur des solides fondations. Il ne me reste plus maintenant qu’à caller les dernières corrections dans mon emplois du temps. Ce n’est pas le temps qui me manque, mais il faut que ce temps soit propice à l’état d’esprit du moment. Et il y a le journal, on ne croirait pas comme ça, mais c’est fou ce qu’il me pompe en énergie.

Malgré tout, cette putain de maladie m’aura permis une chose, c’est de pouvoir prendre le temps d’écrire. Et ça, même si toute mon énergie doit y passer je ne m’en priverai pas.                           

la toux et les mots

marcodepaname | 09 août, 2010 15:30

                       Le 8 aout 2010-

 

La sale toux m’a laissée dormir cette nuit, y’avait longtemps. En me réveillant ce matin je suis resté allongé pour écouter la symphonie inachevée de ma respiration en partie retrouvée. Les accords sont loin d’être parfaits mais ce petit mieux est plutôt réconfortant. Cependant, les petits travaux de la matinée me demandent encore des poses régulières entre deux efforts. On s’en fout, on n’est pas pressé. Poivrier bonzaï me fait languir, je guette pour lui comme pour moi des petits mieux. Ben non, les petites pousses que j’attends avec tant d’impatience se font toujours désirer. Par contre, il ne donne aucun signe de faiblesse, ce qui me rassure. Je pense qu’il attend d’avoir repris un maximum de force pour sortir de son état végétatif.

Déjà trois jours que Carole est partie, j’ai l’impression que les bestiaux se demande parfois si je ne vais pas oublier la gamelle. A leurs façons de ne pas me lâcher, le soir, tant que la bouffe n’a pas  été servie, parle pour eux. Je ne sais pas pour eux, mais les journées par moment me semblent longues, surtout  le soir. Y a pas, il manque une dynamique dans la baraque. Le calme, ça va un peu.

Jimmy doit passer cette après midi, c’est bien. Ca va casser la monotonie du moment.

Je m’étais fait une fête de la visite de Jimmy, il ne viendra pas. Il est ko me sms t’il… ko à trente balais, faudrait pas qu’il chope un cancer…

C’est pas grave, Fanny vient mardi avec Idriss, et ça c’est du sur ; on va aller au jardin des plantes. Belle journée en perspective.

Dernière nouvelle, julien rapplique avec sa sympathique Mélodie. De quoi réaccorder mes bémols. De déceptions en bonnes surprises, ainsi va la vie.

 

                       Le 9 aout 2010

 

Soirée paisible hier soir avec Julien et Mélo. Tout ce qu’il me fallait pour passer une nuit pleinement détendue. Une nouvelle nuit sereine où la toux s’est une nouvelle fois faite oublié. (Il y a des fois où la répétition s’impose).Avec l’été, j’ai vraiment l’impression que chaque message est une bouteille à la mer. Sachant que les vacances vous ont éloignées de votre ordinateur, je me console en me disant qu’au retour vous aller avoir un roman à vous coltiner. Je guetterai alors, après  votre retour, les commentaires qui je l’espère seront nombreux. En attendant, Fanfan assume son rôle d’aoutienne au boulot tout en me gratifiant régulièrement d’un petit commentaire sur le blog. Histoire de le garder en vie jusqu’à la rentrée sans doute. De toute façon, si tout continue à bien aller, c’est moi qui ferrai le break début septembre. Ceci dit, dans les statistiques, le nombre de clic concernant chaque article reste dans une moyenne de quarante à soixante, ça fait quand même du monde qui ne se manifeste pas. Et ça, ça fait toujours vachement plaisir.

 Il faut que je me repose encore aujourd’hui, car c’est demain que j’emmène Idriss et sa maman au jardin des plantes…la grande journée en perspective.

une pause enfin

marcodepaname | 05 août, 2010 20:00

                               Le 03 08 2010-

 

A Pariiiis au mois d’aououout… J’avais oublié que c’était vachement sympa Paris au mois d’aout. Et pour cause, à cette époque là nous sommes en vacance. Tu as l’impression que tout marche au ralentie, que le parisien s’est métamorphosé. Mais c’est tout simplement que le parisien qui reste là au mois d’aout, c’est celui qui aime tellement Paris que pour rien au monde il ne raterait cette parenthèse exceptionnelle. Ce parisien là me rappelle l’insulaire qui retrouve son ile après le départ du dernier bateau qui ramène les derniers touristes sur le continent. Sauf que, pour le parisien, cette tranquillité ne dure qu’un tout petit mois ; et qu’il faut être célibataire ou retraité, voir marié sans enfants pour en profiter. Tout cela me console un peu d’avoir dû annuler notre ballade du coté de Millau. A défaut de grive on mange du merle...

On récupère en prime les provinciaux qui passent par là, entre deux étapes. C’est ainsi qu’hier, Henri le frangin de Bretagne et Alain son compagnon de bordée Parisienne, son passés par la maison pour nous offrir une sympathique et merveilleuse soirée. De quoi oublier un instant cette période transitoire, du scanner au bilan, que je redoute tant. Malgré tout le moral est bon, sachant que dès jeudi les dés de la troisième partie seront jetés.

 

                       Le 5 aout 2010-

 

Drôle de journée, Carole est partie ce matin à COURTAMINE, en haute Savoie, rejoindre la colonie de vacance. J’espère qu’il n’y aura pas trop de contrainte, qu’elle puisse en profiter un peu. Au-delà des trois sous que cela va nous rapporter, c’est surtout le changement d’air qui importe, et d’ambiance aussi. Quand elle arrivera à destination je devrais être en mesure de lui donner des nouvelles après mon entretient avec docteur MIR. Des nouvelles que je souhaite le meilleur possible bien sur pour ne pas lui pourrir son séjour. Quand à moi, je suis en situation d’attente et je déteste ça. Mon rendez vous est à seize heure, et à mon réveil il n’est que dix heure vingt et une pour être précis. La journée va être longue….Dix heure 23, dix heure 24, dix heure 25 , 26 ,27….En attendant, si je sortais la Bounette.

Bon ben voilà, encore une victoire, petite certes, moins spectaculaire mais significative. Elle va me permettre de souffler trois mois. Comme quoi, avec ce putain de crabe il n’y a pas de demi mesure, tant qu’il recule c’est gagné. Mais il faut rester humble et conscient devant cette saloperie car un cancer exterminé en six mois ça n’existe pas. Ca se saurait. Juste une trêve pour récupérer, reculer pour mieux sauter dirons nous. Mais une chose est sure, dans trois mois comme aujourd’hui, n’importe quoi qu’il arrive je ne me laisserai pas bouffer par ce parasite sans avoir tout essayé pour le neutraliser. A bon entendeur salut !!!

Un gros, un immense bisous pour Fanny qui pour rien au monde ne laisserait son papounet , sachant que pour la bonne cause Carole serait loin de lui aujourd’hui.

un petit message, mais celui là je l'aime bien

marcodepaname | 30 juillet, 2010 16:44

                       Le 30 juillet 2010-

J’attends la clef du bonheur, la clef U S B, celle qui détient le manuscrit. Après je n’aurai plus aucune excuse de laisser trainer les choses. Maintenant que je me suis dévoilé il va falloir que les choses avancent, mais rassurez vous, c’est pour mon plus grand plaisir. J’ai quand même à mon actif un roman, qui dort, un journal, qui vit, et une ébauche de fiction qui ne demande qu’à se matérialiser. La maladie me donne du temps, ça fait bizarre de dire ça… Mais quand je suis au boulot, au bistrot, je passe mon temps à dire : « je n’ai pas le temps d’écrire. » Alors, si c’est la maladie qui me donne ce temps il ne faut surtout pas s’en priver. Si l’écriture est restée dans le registre de la dilettante c’est surtout  parce que pour vivre de l’écriture il faut avoir envie d’avoir faim, et je n’ai jamais eu envie d’avoir faim. Aujourd’hui, avec mes maigres indemnités il faudrait que j’écrive avant d’avoir faim… C’est con la vie !!!! Vous, je ne sais pas, mais moi je me sens vachement bien.

 
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